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Umgibe

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Michaël Booremans Réveiller le rêve est difficile Je n'ai plus d'aiguille en réserve Je traîne mon placenta derrière moi Je n'ai jamais demandé moins Chaque jour, il faut se resituer sur la map Certaines violences verbales ou physiques sont légitimes C'est devenu une question de bravoure La reconnaissance est extrêmement fine J'évoque des fémurs et je pense en triangles, aux échos de voix curieuses Cunt pour toute personne qui prend le passage en route Écrire sur la mort d'êtres chers doit être à peu près aussi vieux que l'écriture elle-même L'envie de le faire me titille mais me lie, également, instantanément au présent, à mon estomac Je me sèche avec une serviette où il y a des taches de sang, des tripes au sommet Baissez les yeux Dimension arrière de textos imbibés de bordeaux Ici, on bâfre Babylone la vaste L'insensé doit être rassasié Couches de plastique, mastic et croûte Un zombie est une tête et un trou dedans Nous sommes faits de tant de fai...

Still Fail

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Fêlure Chercher à tous prix à tromper l'ennui Surstimulation du divertissement aux cernes toujours plus creuses Sissa Déposer un grain de riz sur la première case Deux sur la deuxième Quatre sur la troisième Remplir l'échiquier Ensuite doubler la quantité de grains sur chaque case Signer la mort du royaume, s'acquitter du prix du jeu d'apparence modeste Ebaucher des projets qui s'écrasent sur les têtes en couronne de cafards Inventaire de ressources d'épuisement s'additionnant au quotidien sur des épaules Ivresse jamais à la hauteur de l'intensité de promesses des amours avortées Du son, putain, du son ! Signal de feu et d'arithmétique Palamède Pour composer des instruments Repousser les avances du dieu de la guerre Divertir tout de même l'armée Ensuite oser une sieste La rater pour exister Bottom de l'axe Start au bottom Paradoxe railleur d'une vie Esprit de sérieux qui épuise Ruine qui dégrise ...

Bog

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Gwen Tomahawk Secoue au moins le vide insultant qui te borne Avec l'œil nébuleux d'une revêche nuit. Ne goûte plus jusqu'à vomir le crachat morne Du médiocre qu'étouffe une écharpe d'ennui. Hume tes mots, sème ta voix, hisse tes rêves, Décapite les murs flageolants à moitié, Et fais encore en magicien des blondes grèves S'élargir sous ta foi l'horizon tout entier.  Que peuvent les corbeaux que la vermine écrase ? N'es-tu pas né pour vivre et plus noble et plus grand, Né pour saisir et mordre au sel de toute phrase Un peu du cœur naïf d'un soleil pénétrant ? N'es-tu pas là, si fort et si plein de toi-même, Si royalement jeune et constellé d'ardeurs, Oui tellement chéri par l'immensité même Qu'un enfant y boirait ses futures splendeurs ? Le monde est vieux, bien sûr, mais l'aube n'a pas d'âge. Les jours sonnent, vêtus comme d'amples secrets. Au-delà de tes mains, l'heure en vagabondage Imprime à chaque élan on ne sai...

Loris

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Carl Kleiner Dire que demain ne viendra pas Supposons que la lune devienne un gouffre glacé Supposons que le sweet-gum est pétrifié Dire que le soleil est un infect feu de pneu noir Dire que les yeux du hibou sont des piqûres d'épingle Dire que le raton laveur est une tache de goudron chaud Dire que le fossé est en plastique Dire que la cuisine est un cadavre de vache Se dire que nous ne la verrons jamais Lumineux futur coincé comme une star de cul jamais éblouissante Se dire qu'on ne la rencontrera jamais Ni lui, d'ailleurs Dis : ça n'a pas d'importance Dis : ce sera suffisant Dis que tu voudras toujours ça : nous voir vivants Laisse faire la nature Civilisation parfumée s'épanouissant sur les champs bleus étoilés de la salicaire, bobines capiteuses de lavande aspic, de trèfle comestible faisant signe de dire hello sans ecchymose : une pincée de dent de violette + une pincée de notes de pied d'alouette Et comme disent les marchands d'indigo : dites...

Gisant

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Jan Fabre  Ce n'est ni rouge ni sucré, ça ne fond pas, ne casse ou durcit donc ça ne peut pas sentir la douleur, l'aspiration, le regret Juste une grosse pochette de muscles, de guingois muets Un tatouage terne : Je veux. Je veux un cerf Verser mes aisselles, je transpire dans le cou La fierté vient après la chute des cils All Hail All Hail Vingt sièges rouges de désir Une vibration de lumière que je peux retenir avec ma bouche  Le tunnel violet de ma gorge en route vers une station obscure Vingt sièges de désir Je suis assise dans chacun d'eux Mélange de noir et jaune avec des morceaux d'arabe Un siège en fer dur Laisser les feux païens clignoter, les festins de réfectoire avec jeux de mystère, masques et mimes puis les chansons d'attente qui accélèrent le temps sacré J'ai gagné mon pull à la nicotine près du pétrole Argan & Jojoba soulevant quelques ordures en rue comme des oiseaux humides Nappy pigtails, chaussures de sport sans marque short-short jaune d...

Anima et Spiritus

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Takahiro Komuro - Vortex - 2018 - Lily et Larah  Il est extrêmement rare que ce qui a l'air de représenter une avancée n'implique pas simultanément un recul. Si le progrès ne réside plus guère que dans les moyens, qui ont tendance à augmenter sans cesse,  il n'est pas surprenant qu'on le rencontre à chaque pas, avec le sentiment de rencontrer en réalité à chaque fois autre chose que lui. L'impression qui résulte de ce qui se passe est que le progrès est partout, et que pourtant sa physionomie ne peut plus être reconnue nulle part. Il méprise le passé qui est quelque chose, il dédaigne le présent qui est beaucoup, il attend l'avenir qui est toujours devant lui. De cette façon, tout étant mieux, il se trouve plus mal. Le progrès est une sorte de point de vue obligatoire : tout ce que nous faisons est censé correspondre à un progrès. Il n'arrive, pour ainsi, dire, jamais que nous admettions avoir régressé sur certains points. Nous utilisons le progrès comme une...

Leven

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Vincent Corpet - D20160320 - Glasochrome sur papier Ginkgo, peuplier, pin oak, sweet gum, tulipier Mes émotions sont vivantes et ressemblent à des feuilles Je nourris leurs formes Avez-vous ressenti l'étendue et les contours le long d'un grand érable de Norvège ? Avez-vous grimacé devant la fusée orange ? Brûler les courbes d'un cornouiller de curling ? J'ai vu des îles aériennes, chacune avec un réseau de routes de graviers ramifiés Je connais le plaisir dans les veines d'un poirier à sucre J'ai parcouru les bords de feuilles qui n'ont pas de nom, là où la lumière est fraîche, là où l'air est humide Je me souviens encore de l'herbe à la fièvre de miel pour arrêter les abeilles folles dans l'enclos des lapins J'essaie souvent de penser, à quel doux mois, les langoureuses dames repeintes avaient l'habitude de tacher la route jaune d'un adieu dévalant la principale Quelles semaines, quels mois, à quelle heure de l'année, j'avais...