Oba

Claude Cahun, 1927


Le cubisme qu'ils n'avaient pas vu venir, qu'ils avaient rejeté en bloc,
avait, au final, révolutionné l'histoire de la peinture.

Désormais, ils récitent avec un troll accroché, perché sur l'épaule
et ce troll leur murmure des insanités à l'oreille.

Il est une sorte de gremlin affamé et appauvri.

Moitié mauvaise conscience et moitié tendance.

Il joue, contre les images pieuses, la carte son du tremblé, la contradiction,
la contrariété, l'humiliation comme les miséreux qu'on voit courbés sur les trottoirs
cherchant d'invisibles miettes de crack dans les fentes des pavés.

Air du temps qui traque la faille, la faiblesse par où il cognera.

Il croit lutter contre le mal, on en picore les effets.

Le troll prend son songe pour la réalité.

Tout ce qu'il ne sait pas braver dans la vraie vie, la faiblesse, la honte,
son extrême droite à "55 %" d'intentions de vote, il peut enfin tenter de la valoriser 
en adoptant une posture de supériorité morale sur un ennemi imaginaire.

La vanne d'un humoriste, le tweet d'une vedette ou le post d'un camarade ...

Il se développe en mode victime, la blague maladroite, le mot déplacé. 

Dés qu'il croit identifier un air problématique, il sort l'artillerie lourde. 

Le son ne promet pas la vérité.

La censure, les Drama Queens, les postures moralisantes sont l'apanage des faux progressistes.

Les Tartuffe d'hier comme les puritains d'aujourd'hui seront toujours les pires ennemis 
de ce qui évalue et questionne. 

Ce phénomène ne datant pas des réseaux sociaux, le troll est tout de même utile.

Se faire exécrer est le prix à payer pour réclamer sa liberté d'exprefion. 

L'élimination trash de l'autre, même symbolique ou drôle, ne devrait jamais être l'objectif d'un camp
Penser à tourner sept fois son lance-flammes entre les doigts.

En sentiment, comme en bataille, le droit et les devoirs sont aux plus coriaces, le sourire aux ravis.

Se battre pour des marqueurs d'efforts quotidiens.

S'émerveiller des mouvements prudents et du miracle du progrès après une possible chute i
ncertaine.
 
Il en existe pourtant d'autres, après avoir vu la place forte,
des bruits de cloportes qui pourraient me rassasier dans tout ce fondu.

J'ai pu contempler les plus louables individus proche d'en être affaiblie et abattue.
Pas d'abjection, pas de contes biscornus, pas de plates fantaisies
qu'on ne laisse s'adjoindre aux traine-savates d'une grande bastide,
en s'y prenant prestement, et, nous avons là des personnes d'une remarquable adresse et dextérité.

Qui a tiré sur la lune et revendiqué la victoire un matin ? 

Seuls les voyants allumés comptent.

Le premier vert est l'or.
La teinture cheveux la plus difficile à porter.
Il faudra plier la route entière en pèlerine.
Repassage à l'envers.
Ne pas perdre les heures de ce jour.
L'amidon fête la vie quotidiennement.


Si Johnny Cash avait pu voir clairement la Lorraine, l'audiologiste aurait demandé :
est-ce que vous avez l'impression d'être sous l'eau avec des mains palmées,
le rond gercé d'une bouche, la chair incarnée qui ont la même forme au repos ?

Simone Weil disait que lorsqu'on aime vraiment,
on peut regarder quelqu'un que vous désirez manger et ne rien faire.

Janis Joplin, quant à elle, disait : 
prend un autre petit morceau de mon cœur maintenant bébé.

Maître Eckhard disait que tant que nous aimons les images,
nous sommes condamnés à vivre au purgatoire. 

À quelle distance l'écume du dragon doit-elle s'approcher ?

Quelle doit être la largeur de la fissure dans le ciel
entre les conflits bruyants, les chemins de vie poussiéreuse, les soucis semés ?

Je sais qu'il y a quelque chose de plus grand que la mémoire d'un peuple dépossédé.

Je l'avais vu sur cette joue et sur ce front.


 

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