Objectal : Animatus



Most of the Ones we killed

The Ones we hate the most
Most of the Ones we used
The Ones we loved the most

One day
We'll give everyone knives and guns 
And let them kill each other
And the people who remain
Will be the rulers of the mankind

Les premiers jours d'un fantôme sont difficiles.

Il y a tellement de hantises différentes,
Tellement de façons de faire.

Je ne suis pas certaine que nous soyons autre chose qu'un sac de peaux d'impulsions électriques,
de changements tantôt imprévisibles tantôt attendus. 

Je me prépare à mes 48 heures de lobotomisation annuelle.

Je suis trépanée
Être de gauche,
'Tain,
C'est fatiguant
 
Je décide donc de me contenter de la beauté e
ngendrée par d'autres et c'est déjà pas si mal.

Je confirme qu'il existe encore sur cette planète des gens biens, vachement bien,
pour qui c'est une évidence.

Cela me reprend tout de même, de temps à autres, comme une colique : 
cherche bœuf anabolisé à manger cru avant le roc d'Azur pour la bonne excuse.

Je hais les autres comme je n'apprécie pas de bons coins de France est une façon de mourir un triste mercredi. 
 
Dire de tous ces cons de "gauchiss assistés" qu'ils ne sont que des profiteurs moroses et sinistres
 se vautrant dans la caricature est grotesque.

S'accoler deux vocables :
Identité et nation
Mon nom est légion, clament-ils.

La souche si attachée à ses racines sait-elle qu'elle pousse à l'envers ?

Que ses cheveux poussent à l'envers ?

A force de draguer, et bien forcément, ramasse tout ce qui est dans le fond de la cuvette,
et tu n'as pas envie qu'on te confonde avec une vulgaire crevette.

Je ne suis pas tout à fait certaine qu'on puisse nommer cela déchéance,
de nos jours, le fait de ne plus être naturalisé. 

Mettre la bague à l'annulaire
Les livres à l'index 
Et les enfants au majeur
Les pauvres, eux, sont laids
Toujours de mauvaise humeur
Sentent mauvais
Et font des fotes d'ortografe 
Ils sont toujours fauchés
Nous n'en voulons pas
Dégradez-vous

Certaines locutions semblent n'avoir d'autre utilité que de nous aider à refermer sans scrupule
un livre avant sa fin 

La beauté que peuvent gagner certaines phrases dés qu'on leur lâche un peu la bride.

Emporter la Ravine entière avec soi et cela tombe bien car tout y est.

Le minoritaire, c'est le devenir comme disait l'autre.

Les ouvriers tarés physiquement et mentalement forment une main-d'œuvre stable
 qui se résigne.

Notons leurs guillemets fort peu journalistiques entourant discriminations et préjugés.

Notons aussi les commentaires en réaction qui sont très, disons, "17,9 %".

Louange aux grandes fenêtres où les immigrés en cuisine s'envolent
ou pourraient glisser par l'entrebâillement d'une gouttière et presque voir du monde.

Entendre le chant d'une nation :
un immigré critique l'immigration
Speechless

Si on parle de celui qui occupe passionnément nos débats,
il est plutôt en cours de bons traitements, aux petits soins même.

Quant aux idées majoritaires, elles ont moins de couleur que d'odeur et ça ne sent pas le vargeux.

Il est rassurant et apaisant de constater que notre présent s'ancre encore et toujours
aux crocs d'un boucher passéiste.

Les camps de concentration du futur comporteront des espaces de détente grâce aux forces de l'ordre et aux influenceurs. 

Les queues étant plus petites, puis-je demander un aspirateur ?

Relire Arno Schmidt ou Hans Henny Jjann  et se dire "à quoi bon" ?  
Demain on partira niquer Heidi.

L'Européen blanc se sent dévirilisé.
La pensée n'équivaut pas l'expérience.
Se lever la nuit pour verrouiller sa porte.
Crise cardiaque en attente.

Mon optimisme est tempéré par le mot dégueulasse.

Ces fruits de la peur qui balisent la nuit à la cime des lampadaires.

Je me réjouis de constater que la liste des cons et leurs séducteurs s'agrandit de jour en jour.

Un couvercle tombe un peu plus bas que l'autre avec l'effet d'un regard tordu.

La destinée humaine est un chamallow, cette petite musique qui élève le cœur.

Des yeux apparaissent et volent le sommeil.
Les orbites sont enfoncés et les paupières épaisses bordées de rouge
 pendent au-dessus comme des stores dont les cordes sont brisées.

Entre ces replis de chair, avec leur peu de poils, de cils, les yeux eux-mêmes,
de petits disques vitreux avec un bord d'agate, ressemblent à des galets de mer
dans la poigne d'une étoile de mer.

D'une certaine manière, cela me rappelle ma puberté.

Du sang inattendu.

Je ne sais pas si un conseil aurait pu me préparer au passage d'enfant à adulte.

Ce n'est pas grave si je ne suis toujours pas certaine de ce à quoi je veux que ma mort ressemble.

J'avais trouvé ma propre voie à travers le triste chemin de l'adolescence et
peut-être dois-je encore trouver mon chemin dans l'obscurité de l'âge adulte ?

Je m'étais retrouvée à effleurer le dos des magazines
que les mères de mes camarades de classe achetaient quand elles voulaient bien me le prêter.

Le papier était toujours froissé par les mains des filles qui m'avaient précédée
  et, à la fin, il y avait souvent un quizz ou un arbre de décision pour vous dire :
quel genre de personne êtes-vous ou deviendrez ?

Je ne sais pas si je suis devenue la femme que ces organigrammes de magazines avaient prédit.

Je ne me souviens plus d'ailleurs si j'avais choisi principalement O ou N.

Peut-être avais-je besoin de voir le défilé de filles aux cheveux aplatis et aux paupières brillantes
pour commencer à sentir des effluves ?

Je n'ai aucune photo ectoplasmique d'enfance ou d'adolescence à vous présenter.
Aucune photo de classe.

- Et bien dit-il, c'était une créature idiote
Et si j'étais vous, je n'y penserais plus




 

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