Leap

Gustav Klimt


Où donc se situe la blessure, le point de sang à l'armure ?

Bord rouge de lune, il n'y a pas de meilleur rouge
Brillance comme le sang qui tombe dans le temps
Le sang et les intervalles, les laps sont ce que les dieux boivent
Retour au même delta : or rose

Croire ce couple qui, en ce jour, vient piqueniquer
Ils paient la pluie, peu importe le vent
Ils étalent leur repas sous un sorbier rabougri

Croyez le couple maintenant trempés jusqu'à la peau

Soyez heureux de ne pas avoir de véritables rois

Croyez en la pierre et mangez-la
Croyez le couple qui a fini son frugal et font l'amour habillés sur l'herbe humide

Les mains donnent parfois des coups douloureux qui amoindrissent

Le poing se levant, tachant la peau d'un bleu incrédule
Des mains capables d'entailles et d'écorchures, à coups de hache
Des centaines de petites mains tirant les poignées d'un mur
Des bandes de chair pliant si fort qu'elles sont sur le point de se déchirer

Aucune larme extérieure, du fond des musiques mineures, jusqu'à faire disparaître la douleur

Étendre le rêve anxieux quand la conscience a des yeux au cœur, 
la dent des vieux chagrins

Septembre : le mois de la maturité sexuelle des poissons femelles,
des esturgeons en particulier, où les ombres se déplacent et les arbres ont le mal de vert

L'occupation Viking, clan torturant clan, la clairance, un boum enflammé

Ils se souviennent de lui qui s'était égaré, sous le noisetier,
 haïssant à haute voix tout ce qu'il avait accompli

Des petites créatures sages ont toutes vécu
Se taire sous la douleur, les paupières rougies, les yeux de givre

Une douleur telle comme une ceinture qui s'enroule : la flamme alors s'irrite
Les cornes poussent des hanches, une bande figée dans le dos,
 en proie à l'incendie intérieur, devenant une souffrance stupide après coup,
comme celle d'un orteil écrasé, d'un bout de langue mordue

Certains jours, sur les mauvaises routes, ces créatures ramassent les dépossédés
Certains jours, elles fêtent les toxicomanes dans leurs spectres personnels

Des thons sans écaille, des femelles capturées en abondance, au plus profond de l'automne
Les poumons se gonflent puis se vident à l'expulsion de l'haleine

Venir et venir, plus courageux que ça, dans un élan de passion et de douleurs répétitives
Prier pour que le sang coule à travers les animaux, beaux et anciens

 

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