1 et 0
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| Ariana Page Russell |
P n'est plus un ex puceau Son entrecuisse comme un cachot Le sexe est un art forain, sur internet, ou dans sa main
P va à la banque P conduit une voiture P va travailler P sait comment attirer les économies ou les forces de travail ou celles des familles P avoue que P a plus de mal à tenir le tout dans un ensemble cohérent P a l'impression qu'être beau ou belle n'a pas d'importance P étouffe quand il court P transpire quand il se perd dans les rues même s'il aime regarder son reflet dans les vitrines La peau de P permet à P d'oublier sa couleur Le corps de P est capable de se déplacer sans être perçu comme différent P pense que cette intériorité est comme être à côté d'un courant-jet de sa vie P pense que ce ne sont pas des situations ou des sensations solitaires P trouve cela apaisant P a beaucoup de mal à imaginer autre chose que de courir sur place P continue à suer les mêmes gouttes qu'à son origine P essaie d'imaginer sa structure P pense que P est à l'intérieur de ce que P essaie d'imaginer P est en pamoison P pense aux relations entre les gens et à la façon de traduire ce qu'ils ressentent P se demande si quelqu'un d'autre que lui a du mal à les visualiser P pense que beaucoup de gens ont déjà expliqué beaucoup de choses, pas n'importe lesquelles, des spécifiques, des ciblées P essaie de ne rien divulguer des ses intentions P suppose qu'écrire à la première personne est plus facile, il y a tellement de dangers P réfléchit à la garrulité des oiseaux P n'a pas nécessairement conscience qu'il tente de faire tomber sa stabilité P aime bousculer la personne immaculée P n'est pas un travers mais peut comprendre les angles de traviole P peut concevoir un objet contradictoire dans l'argumentaire P pense qu'un cercle carré n'est pas réalisable mais qu'il peut être imaginable P peut concevoir une modification du passé en fermant les yeux Il y a donc un écart quand P songe pensable et quand il croit possible P imagine que son histoire s'écrira en feuilles dans les veines des bébés Ceux qui dorment dans des berceaux taillés dans la roche P sait que les amours sont des fables regroupées en myriades dans sa salle de l'oubli P songe à sa mémoire plénière sans gloire, à cet amour non réciproque, le plus gore P bondit P réagit Tandis que P se soulage, sa respiration trouble son esprit Des symboles d'une envolée trop haute pour les apercevoir lui viennent en tête P aimerait atteindre un tintement, un semblant de beauté P se rappelle qu'ils avaient aimé son eau, le serpent en lui Tout amorphe et éphémère, comme ils s'attendaient à ce que rien ne dure de P Quand tout est si sauvage, il faut une minute pour que P apprécie |
