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Un rien charmant

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Gottfried Helnwein Quand cette fausse monnaie, la flatterie dans une réciprocité, est un échange, elle n'est rien L'heure a sonné L'heure de chanter une chanson idiote Je sais que je n'embrasse qu'une forme fragile qui sera cendre demain dans une fosse profonde J'aimerais mieux mille fois que tout meurt en elle La chair aux arpents de la terre Rose Comme il est beau ce thon, quel beau thon, qu'il est joli ce thon, un joli thon Il était un petit poisson Il avait beau dire et redire qu'il était un poisson personne ne le croyait Un jour, il se permit de croire qu'il était un oiseau charmant qui sifflote ou une jument ou un poulain d'écume Jument de lune. Jument de brume Aucune prière ce jour Le monde paraît parfait  Une enfant dort au milieu de l'espace Reflet bleu métallique Elle est nue Elle flotte Qu'elle soit à moi Environne-moi Enchanter les yeux  D'un autre âge Changer de cordon Elle est le souvenir Ma petite Stella Jamais trop dro...

Dans ses rêves, elle meurt à chaque fois

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Meret Oppenheim La journée complète la veille des chambres, des cadavres anonymes, sans signature Une indigène se dressant dans le vide Son caveau perdurera dans le silence somnolent, sous les pleurs des environs    Elle en a vu ... Elle en a vu ... Elle renaîtra Salam à vous assassins L'ovale de son visage était un miroir enténébré Elle avait, précédemment, contemplé la région se lamenter, sa mère l'étouffer dans ses langes  Son flanc se situait près des ruelles délabrées Ses sens comme du 40% bu sont vidés d'opiacé invisible Certaines remarquaient la grande cicatrice de ses points de suture sur son ample bassin D'autres, son regard enduit de khôl, visage défiguré, le rictus engourdi,   une paire de sein manquante Le ciel ... elle l'avait avalé : moelleux dans ses paumes  Le soleil : également, qu'elle portait à son poignet comme une petite colline Ce n'est pas par envie du sort heureux, dans les ailes claires des arbres,...

Pink turns Pink

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Il y en a une au sommet de la tête de chacune des filles De toute évidence, ils jouent à ce jeu depuis un certain temps Il n'y a qu'une fille dont la dinde est encore pleine d'air Cette fille est la fille D Le jeu s'appelle Duck, Duck, Turkey Ils font le mouvement "ça" et faire en sorte que ce "ça" se promène à l'extérieur du cercle des filles assises En tapotant sur la tête de leur dinde tout en disant : canard, canard, canard, canard ! jusqu'à ce qu'ils disent dinde ! En frappant la dinde sur la tête d'une fille p uis en courant autour du cercle, en essayant de s'asseoir dans l'espace libre du cercle avant de se faire toucher La position générale, ici, est basée sur la conviction inébranlable que jouer à ce jeu va conduire à une société meilleure et plus juste pour tous Une fois que la dinde sera dégonflée et bien que la plupart des dindes seront pour la plupart dégonflées, aucune des filles ne pourra s'empêcher de jeter...

Exeat

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Dorothea Tanning - Birthday (1942)  Ce que j'aurais compris de mon enfance sauf que ce n'est pas la mienne, c'est comment une femme, œuvre d'ennui et de durée, pouvait devenir un meuble Le style de femme qui vivait dans une maison comme dans un musée, remplie d'artefacts de sa pertinence, d'une somme démesurée d'attention aux objets, grands ou petits, de son insolence passée Tout ce qu'elle avait connu, c'était le monologue creux d'un catholicisme Conscience qui dans sa vraie vie était rendue terne et redondante, incapable d'imagination ou de pensée supérieure qui sert à effacer en oignant la femme au foyer, qui n'existait qu'au service des autres mais peu souvent au service d'elle-même Les bras pleins de clous de girofle, de touches de piano, de bâtons de gomme à la cannelle Son miroir, témoin d'une grande vulnérabilité, d'un mélange de chagrin ravi, était sale de détritus du quotidien, de petites taches blanches comme un...

Jouvence

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Pierre Soulages En face le pire, d'ici à ce qu'il fasse rire, traverse des années d'études à gaspiller l'énergie, le caractère nécessaire pour des années d'errance dans une cité qui s'éloigne des impudicités de la gnose Partout où la vérité sera hideuse, les vœux seront ardents Bois seul, crame, couche, meurs seul comme au devant les chimères différentes possèdent chacune le manque d'amour Observer la blessure et y enfoncer les doigts comme un crédule qui fouille, qui mourra taiseux tel que Dieu l'a fait naître Disant encore, si ce n'est pas toi qui m'instruis, je n'apprendrai pas Disant encore, dépités, il y a une récente fois, où l'on supplie, où l'on prie, où l'on aime, que les heures qui suivront ton départ seront un tel ciel de plomb pressées contre cette vieille planche esquintée de bois, ce tableau noir des jours et des nuits moulus à la craie blanche Là, la tête est muette sans mâchoire où s'en va le plaisir de perdre...

Louda

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Personne ne sortira d'ici seul Ils ont ressuscité de nouveaux contre-royaumes par l'arbitrage de la boue de l'épée Lucretius nous fera passer la nuit Lucrèce sait que nous ne sommes que des atomes qui se combinent et se recombinent, qui se font et se défont et comme tout cela est bien tenu Ils ont pelleté les longues tranchées jour et nuit Boue gelée. Boue Shell shock. Boue de fumier. Boue impériale. Boue vénérienne Boue antipaludique. Boue d'appât. Boue d'accouplement. 1665 boues : éclairs blancs de requins Boue du Golgotha. Boue de Caliban. Boue cannibale Boue amnésique. Boue de kleptomanie. Boue de poux. Boue praxique. Boue d'exposition Boue de lin fumante. Boue de dysenterie. Boue septique endolorie. Boue de porcherie Boue néphrite. Boue constipée. Boue de foi. Boue de fièvre de phlébotome. Boue de rat Boue du shéol. Ir-ha-chère boue. Boue ague. Boue d'Asquith. Boue de défilé Boue de la gale. Boue des oreillons. Boue de Mirza. Boue de pneumonie. Boue d...

La vagabonde

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Sandrine Bonnaire. 1985  Pitoyable sœur ! Que d'atroces veillées je lui dus ! Je ne me saisissais pas fervemment de cette entreprise. Je m'étais joué de son infirmité. Par ma faute nous retournerons en exil, en esclavage. Elle me supposait un guignon et une innocence très bizarres, et elle ajoutait des raisons inquiétantes. Je répondais en ricanant à cette satanique sœur, et finissais par gagner la fenêtre. Je créais, par delà la campagne traversée de musique rare, les fantômes du futur luxe nocturne. Après cette distraction vaguement hygiénique, je m'étendais sur une paillasse. Et, presque chaque nuit, aussitôt endormie, la pauvre sœur se levait, la bouche pourrie, les yeux arrachés, telle qu'elle se rêvait et me tirait dans la salle en hurlant son songe de chagrin idiot. J'avais, en effet, en toute sincérité d'esprit, pris l'engagement de la rendre à son état primitif de fille du soleil et nous errions, nourris de vin des cavernes et du biscuit de la route...