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Le seigneur des mouches

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Josh Keyes      Sur la tombe de l'inconnu, il faudra poser une fleur ou une plante, des herbes du mal ou du bien, des roses rouges passionnelles. Des fleurs qui fleurissent même en hiver sous le gel, pétries de possible. Ensuite chanter lourd d'une façon imprévue Un chant du désamour qui délave. Se rappeler du couple qui n'avait pas voulu. De l'hésitant et de l'indécise. De l'enfant de prostitué qui ne valait pas mieux. Sans nom, sans avenir. De l'imposteur aussi. Une armée de gens inconnus, une masse informe qui nous parle parfois la nuit. Une bouche muette qui nous menace du doigt.  Bien dormir sur ses quatre oreilles, sous ses mille yeux.  D'un cœur du chaos d'une vallée noire où l'envie et le refus copulent, où renoncer et patienter s'embrassent dans un certain anonymat. Parfum subtil où s'hument des évidences fébriles au-delà de la réflexion. Mettre des dents à tout ce que nous haïssons. Filtrer le jus de notre histoire entre ce qui ...

Pamoison

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Els Dietvorst Squelette de carbone Pays mou des morts Déchets de viandes Terrains tuméfiés Caverne nocturne Grotte baillant l'ennui Fraction de fatalité Arbre de lèpre Visage pâle Vieux Lear Front fendu Chair transie Fleurs blanches macérées et moisies Purulence de sang séché Carcasse d'empereur assassiné Tête décomposée Pustule du ventre Poche de cyanure Crapaud noir Pus rance Bouteille de Cyprine Eponge à mercure Fièvre brandie Urinoir de clair de lune Farine entre les dents Deux fins bras de paille Dos de foin Hamlet raté Ravi d'extase agaçante Morne bouche pédophilique Sanglot inaudible de vieux raton musqué Triple rang de dents cariées Lamentable lamento Strident noroît Fiel de nuit glauque Dupe le monde Lécheur de rut Pulpe morose d'andropause Fade face de citron sec Pâle regard Barque pourrie Trous dans la bouche Sans gencive Apre rosaire Plaine de poing diminuée Caillot pourri de raisin suintant Poudre de fraisier Pourriture méphitique Rivière sans sève Mois d...

Agar

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Ils portent des déguisements Et s'enquièrent de la famille  De l'un et de l'autre. Il y a beaucoup de s'il vous plaît Et de je peux Ils se vident complètement  De sirop de framboise. Et d'une main,  Continuent à écrire Et à tenir la délicate machine à côté : Cette petite fée d'acier  La bicyclette Dont naissent les histoires de filature Comme pour faire écho Aux étranges singularités et synchronicités Qui se répètent si souvent  Au cours d'une vie humaine Faire la même chose  Encore et encore et encore Quel est ce produit ? Exister dans cet univers,  Ce monde parfait, C'est comme être en prière,  C'est séparé du produit  Ou du succès Ou de l'échec du produit Et puis,  Il y a quelque chose  De si juteux dans la façon Dont ils pourraient aborder un grand récit Pour nourrir la partie démon cerveau. Il y a quelque chose à propos de l'immobilité  Immuable de ce composé Le refus de reconnaître ce qui se passe Alors même que l'obscuri...

Dépit

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  Lorsque je pensais à l'automne promis quand j'étais enfant, je savais regarder le ciel nocturne,  affronter le passé à la lumière qui s'était échappée depuis longtemps. Marcher toujours dans l'ombre portée en arrière comme les grillons d'août qui se font plus bruyants. Le goût du sel de l'après-midi, c'est ce que fait un automne : narguer avec ses fins. Les jeux violents avaient éclaté, brûlé en éclat. Ils s'étendaient au-delà des limites. Ils devenaient progressivement plus longs que toute l'année. Un son qui ressemblait à une tuerie. Prendre le chemin vers la maison ou se pencher sur le bord de fenêtre, qu'une seule feuille rouge apparaisse sur des branches vertes. Je gardais les yeux levés devant moi, même si, de temps en temps, je laissais mon regard tomber sur le tapis. Je me suis levée lentement vers ma fenêtre, et, me penchant à travers, je me suis endormie. En bas, j'ai vu de petits toits rouges et noirs, les ombres des maisons jeté...

Oint 4 Christ

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Laura Lee Burch  Ils sont passés, Les jours de haine et de colère ! Devant l'humanité s'ouvre une nouvelle ère Napoléon, Cyrus, Alexandre, César, Le monde,  Qui tremblait quand passait votre char, Ne connaît plus vos noms ni votre gloire éteinte. Votre pourpre, Ce sang des peuples, Est déteinte. Le temps a balayé la trace de vos pas, Et dispersé l'écho du bruit de vos combats. L'histoire, qui vous garde en ses mornes royaumes, Seule encore dans sa nuit Voit errer vos fantômes. Ses mains ont pour toujours, Fléaux et nations, Rompu l'échelle d'or de vos ambitions. Conquérants dont la mort déboucla les cuirasses, Le souffle du sépulcre a passé sur vos races. De vos trônes, Maudits des hommes et de Dieu, Le dernier mendiant a fait son dernier feu. Ne nous étonnons pas si la parole a fait,  À son apparition, Moins de bruit Que n'importe quelle opérette éclose Dans la serre chaude parisienne. Cette opérette suggère une étude attentive Qui n'est pas un plaisir ...

Son

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Ed Ruscha Juste un mot pour que tu m'entende pousser une plainte et un petit cri, pour faire réagir ta belle cire À ce bourreau, toi, tu disais : Mon Père Son forfait exécrable et infect ne t'a-t-il pas mis hors de toi ? C'est ton tourment que tu tentes d'apaiser en te courbant une nouvelle fois sous cette croix qui te pèse, dans son dogme implacable Tu n'es pas tout à fait certain encore de ta foi, autrement tu ne gémirais pas  Tu ignores dans quel gouffre tu t'es précipité dans l'erreur  Nous devons rester sur le bord, attentant de nouvelles perspectives Soit les flammes, soit le rien, soit le néant, et faire pâlir nos fronts Pâleur pour pâleur, nous pâlissons. Plans, prochains crimes Qui aimeraient briser en mille éclats, ce globe infortuné ? Nous dormons peut-être la nuit au fond de l'avenir, à travers des débris sauvages, au dessus des charniers oniriques Qui saluerons-nous à nos querelles respectives et brutales ?  Ave sous des lois aveugles au sin...

Une chèvre dans le repère d'un lion

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Bri Gawkoski - Collages Comme le scorpion, mon frère, comme le scorpion. Tu es comme le scorpion dans une nuit d'épouvante. Comme le moineau, mon frère, Dans ses menues inquiétudes. Comme la moule, mon frère, Tu es terrifiant, mon frère, Enfermé et tranquille. Tu es terrifiant, mon frère, Comme la bouche d'un volcan éteint.  Et tu n'es pas un hélas, tu n'es pas cinq, Tu es des millions.  Tu es comme le mouton mon frère, Quand le bourreau, habillé de ta peau, Quand l'équarisseur lève le bâton, Tu te hâtes de rentrer dans le troupeau. Et tu vas à l'abattoir, En courant presque fier. Tu es la plus drôle des créatures en somme. Plus drôle que le poisson qui vit dans l'amer,  Sans savoir l'amer. Et s'il y a tant de misère sur terre, C'est grâce à toi mon frère.  Si nous sommes affamés, épuisés,  Si nous sommes écorchés jusqu'au sang, Pressés comme la grappe pour donner notre vin. Irais-je jusqu'à dire que c'est de ta faute ?  Non.  Mais tu...